Le piège Énergie Est (la conférence)

Par Nathalie Côté
Publié le 18 mars 2017
Éric Pineault, auteur de l’essai Le piège Énergie Est et Normand Beaudet du Centre de ressource sur la non-violence en mars 2017 à Limoilou. Photo: Nathalie Côté

« Il reste un an, un an et demi pour informer la population sur les effets dévastateurs d’un éventuel pipeline et sur les infimes retombées économiques d’un tel projet pour le Québec », soulignait Éric Pineault en conférence au Cégep Limoilou, le 7 mars 2017. Après la parution de l’essai Le piège Énergie Est au printemps 2016, le chercheur à l’UQAM est devenu une référence quant il s’agit de pétrole extrême et des enjeux environnementaux que soulèvent son exploitation et son exportation.

Normand Baudet du Centre de ressource sur la non-violence a invité les gens à défendre l’eau potable. Un sujet qui touche tout le monde, tel qu’il le rappelle. La voix citoyenne contre ce projet est peut-être ce qui pourrait faire changer le gouvernement fédéral d’avis, car c’est lui qui, au final, aura le droit de veto sur le projet prévu en territoire québécois.

Il faut le rappeler, un éventuel pipeline traverserait 840 cours d’eau sur le seul territoire québécois, dont une vingtaine de cours d’eau majeurs et les risques de déversements sont bien connus.

« Ce n’est qu’en cas de déversement, que ce projet va réellement créer des emplois ! » souligne  Éric Pineault. L’effet pervers de l’Accord de Paris selon l’auteur?  Les pays producteurs de pétrole, dont fait partie le Canada (avec l’Iran, l’Arabie-Saoudite, la Norvège, les U.S.A, le Venezuela etc.), redoublent actuellement d’ardeur, non pas pour lutter contre les bouleversements climatiques, mais pour extraire le plus possible, afin de l’exporter leur pétrole avant l’échéance de 2030 imposée par l’accord.

C’est dans cette perspective qu’il est fort possible que le gouvernement Trudeau, qui vient d’accorder son aval à deux projets de pipeline dans l’Ouest Canadien, donne aussi son accord à celui d’Énergie Est.

Pendant que les pétrolières de l’Alberta vont continuer à produire du pétrole, qui est une production très énergivore et polluante, il y aurait fort à parier, comme le souligne Éric Pineault, que pour atteindre les objectifs en matière de diminution de gaz à effet de serre, les gouvernements demandent à la population canadienne de diminuer sa consommation individuelle de pétrole, alors que pendant ce temps les entreprises pétrolières vont continuer à produire et polluer à fond de train.

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