Autres coupures en santé: La Coterie perd son financement

Publié le 25 octobre 2016

Par Bernard Saint-Ongecredits

La Coterie est un organisme à but non lucratif qui offre des stages et des emplois à une quarantaine de personnes vivant dans la communauté avec une problématique en santé mentale, mais travaillant à l’Institut Universitaire en Santé Mentale de Québec (IUSMQ).

En mai 2016, le Centre intégré universitaire de santé et services sociaux de la capitale nationale (CIUSSS) a décidé la fin prochaine du financement de la Coterie c’est-à-dire pour le 31 mars 2017.Pour la majorité de ces travailleurs, dont certains ont un emploi régulier depuis plus de 10, 20 et même 30 ans, payés légèrement au-dessus du salaire minimum, ce fut un choc de savoir qu’ils perdaient leur emploi.

Cet organisme avait été fondé au Centre Hospitalier Robert Giffard. Or, selon Julie Lesage directrice adjointe au Programme santé mentale et dépendance : « le CIUSSS n’a plus de mission de réadaptation socioprofessionnelle. Cette mission a été transférée dans la communauté. » Ainsi, chacune des cinq équipes de Suivi Intensif dans le Milieu de vie ont un spécialiste à l’emploi depuis peu. Ces personnes sont au courant des différents services au niveau du travail et accompagnent les gens dans leurs démarches pour intégrer un travail. Elles les réfèrent soit à Equitravail, le Service d’aide à l’emploi le Pavois, Croissance-Travail ou d’autres ressources.

Pourtant le CIUSSS clame haut et fort qu’il a à cœur l’intégration de ces personnes dans la société par le travail. Officiellement, il promet de retrouver du travail à 100 % des membres de la Coterie. Pour aider les gens à trouver un nouvel emploi qui correspondra à leurs intérêts et capacités, l’organisation a engagé une travailleuse sociale à temps plein. Selon les nouvelles politiques du Plan d’action en santé mentale (PASM) 2015- 2020, la Mesure 7 dit favoriser « le retour au travail et l’embauche de personne ayant ou ayant eu un trouble mental » dans des postes réguliers. Si le Ministère de la santé et des services sociaux encourage le secteur privé à faire des accommodements pour intégrer les personnes avec une limitation quelle qu’elle soit, il doit donner l’exemple et faire de même.

Pour Charles Rice, directeur de l’Alliance des Groupes d’Intervention pour le Rétablissement en santé mentale, cette décision est triste, car la Coterie est un modèle d’intégration sociale pour tous les autres établissements du réseau depuis de nombreuses années. Si l’expérience de travail est reconnue lors d’une entrevue pour un futur emploi, l’ancienneté (à la Coterie), elle, est perdue. Si certains travailleurs vont améliorer leur sort, d’autres ne réussiront peut-être pas à se replacer. La moyenne d’âge y est élevée. Si la Coterie n’est pas une entreprise adaptée, elle offre quand même des stages et des emplois adaptés à des personnes qui vivent à différents degrés avec des limitations au travail.

Il est à espérer qu’un maximum de travailleurs de la Coterie arrivent à se replacer dans des emplois convenables, car il est déjà assez difficile de vivre avec une problématique en santé mentale sans avoir en plus à vivre l’insécurité du chômage et de l’aide sociale

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