Pour améliorer les liens entre les deux rives : la gratuité sur le traversier

Publié le 25 octobre 2016
Le lien par bateau en les deux rives est de loin le plus écologique, rentable et urbain. Photo: Marc Boutin
Le lien par bateau entre les deux rives est de loin le plus écologique, rentable et urbain.
Photo: Marc Boutin

Par Marc Boutin

Avant de songer à un lien sous-fluvial entre Lévis et Québec, il faudrait d’abord faire un effort d’équité pour ce lien fluvial que nous avons déjà, la traverse de Lévis. Comment y arriver : en accordant la gratuité à ses usagers ou en imposant sur les ponts un tarif équivalent à celui du traversier. Depuis que le débat (d’un 3e lien) fait rage à Québec, de notre lien maritime historique avec Lévis, on parle très peu.

D’ailleurs, c’est d’un 5e lien qu’il faudrait débattre et non d’un 3e. En effet, Sam Hamad, Régis Labeaume, Philippe Couillard, les radios poubelles et les autres ne semblent pas au fait de la réalité : il existe actuellement quatre liens pour franchir le fleuve à Québec : deux liens automobiles (les seuls dont parlent nos grands « experts »), un lien maritime, la traverse de Lévis qui, à vrai dire, est le premier lien puisque le plus ancien et, enfin, un 4e lien, peu ou pas utilisé mais bien en place depuis plus de cent ans, le lien ferroviaire sur le pont de Québec.

Le lien maritime est de loin le plus propre, le plus rentable et le plus urbain. Il dessert, de centre-ville à centre-ville, une clientèle à 95% cycliste et piétonne, une clientèle qui utilise surtout les transports en commun et ne requiert pas de lourdes infrastructures pour atteindre les lointaines banlieues. Pourtant, le bateau est le lien entre les deux rives le plus cher.

Alors que les automobilistes traversent les ponts gratuitement, ceux qui prennent le traversier doivent payer un ticket modérateur salé de 3,55$ pour le piéton et de 8,35 $ pour un petit véhicule. On pénalise ainsi ces écolos qui s’ignorent, les usagers des traversiers, tout en pistonnant ceux qui coûtent le plus cher à la société, les automobilistes qui utilisent les ponts. Car il y a un prix fort à payer par la société, lié à la traversée par les ponts.

Le fléau de l’étalement

Ce prix fort n’est pas dû seulement à l’entretien, au déneigement, à la surveillance policière, ou à une peinture virtuelle du pont de Québec. Il est dû d’abord et avant tout à l’étalement urbain. Rien ne coûte plus cher à la société que l’étalement urbain. Plus une personne habite loin du centre- ville, plus elle vit aux dépens de l’État. Et nos deux ponts sont responsables de l’étalement excessif et coûteux qu’on retrouve du côté de Saint-Nicolas, Saint-Rédempteur, Saint- Jean-Chrysostome et Saint-Étienne-de-Lévis. Imaginons un instant un 5e lien du côté de Beaumont.

C’est tout le secteur rural (150 km2) entre Saint-Michel, Saint-Charles de Bellechasse et Lauzon qui gonflerait comme une « balloune périurbaine », avec des infrastructures (autoroutes, routes, rues, égouts, écoles, services de santé, etc.), aux frais de la princesse, sans oublier le vaste massacre agricole et forestier escompté.

Quant au 4e lien, cette voie ferrée dont personne ne parle (sauf Henry Jenkins dans le Soleil du samedi 8 octobre), pourquoi ne pas y faire passer un ou des trains de banlieue vers la gare du Palais ou vers le Cap Blanc par l’antenne ferroviaire déjà en place ? J’ai l’impression qu’on n’y pense pas parce que ça ne coûterait pas assez cher.

Quoi qu’il en soit, il faut d’abord redresser les torts causés par l’étalement en offrant la gratuité pour le traversier, tout en imposant un péage salé sur les ponts. On parlera ensuite, une fois justice rendue, d’un possible 5e lien et des turpitudes qui nous attendent si jamais il se réalise

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