Demain, un documentaire pour changer le monde

Publié le 11 août 2016

Demain

Par Marie-Hélène Boucher

Le documentaire français Demain, réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent, vient tout juste de sortir dans les cinémas du Québec. Celui-ci commence en présentant des scientifiques de la célèbre revue Nature qui affirment que, dans quelques décennies seulement, nous vivrons sous des températures aussi chaudes qu’il y a plusieurs millions d’années, soit avant l’apparition des humains sur Terre.

Ce réchauffement sera la faute des humains toujours plus nombreux à consommer, et ce, davantage qu’auparavant en raison du mode de vie qui prévaut et de l’augmentation importante de la population terrestre qui a triplé en cinquante ans. Donc, pour empêcher un désastre social et environnemental, il ne reste plus beaucoup de temps, soit environ 20 ans, pour adopter un mode de vie moins dommageable pour l’environnement.

Se nourrir autrement

La première solution que ce documentaire présente est qu’il faut changer notre façon de nous nourrir. Pour cela, il met de l’avant les exemples de Détroit aux États–Unis et de Todmorden en Angleterre, où, en réaction à des crises sociales et économiques, ou en préparation à celles-ci dans le second cas, ces villes ont su mettre en place des modes de vie plus basés localement en développant, par exemple, des initiatives d’agriculture urbaine pour aider à nourrir une grande partie de la population. Il est aussi question de l’inefficacité des grandes entreprises agroalimentaires mécanisées pratiquant la monoculture pour nourrir les populations, contrairement aux petites exploitations agro-écologiques pratiquant une culture diversifiée.

Des énergies alternatives

La seconde solution repose sur le changement des types d’énergies utilisées, soit remplacer le pétrole par des sources d’énergie moins dommageables. Pour cela, il est possible de s’inspirer du Danemark, de l’Islande ou de l’île de la Réunion, des endroits qui utilisent largement des sources d’énergie non polluantes. La construction d’usines à biomasse, les éoliennes, l’énergie solaire, la géothermie et l’hydroélectricité sont présentées comme des alternatives. Des innovations comme le fait de relier des batteries à des panneaux solaires pour stocker cette énergie sont également mises en évidence, tout comme l’importance de l’isolation des bâtiments pour réduire les dépenses énergétiques. De plus, le rôle de l’urbanisme comme pouvant favoriser des moyens de transport moins polluants, comme le vélo, est également souligné. Ensuite, l’exemple de San Francisco est présenté comme preuve qu’il est possible de ne produire pratiquement plus de déchets en recyclant et en faisant du compost.

Repenser notre modèle économique

Ce documentaire met également en lumière l’exemple de Lille en France, où se trouve une coopérative dirigée de façon plus égalitaire où le principe de la circularité est employé pour gaspiller moins, recycler, et être le plus écologique possible. Cet exemple présente le principe de l’écolonomie : faire des économies dans le sens monétaire, mais aussi énergétique en adoptant un mode de gestion écologique pour une entreprise. Ensuite, il est question  du mouvement des Villes en transition pour montrer l’importance de redévelopper une économie plus locale, grâce notamment à la monnaie locale pour favoriser les entreprises du coin ainsi que le développement de solidarité et d’initiatives favorisant l’autosuffisance. La monnaie locale consiste à imprimer une monnaie qui est seulement utilisable localement par une municipalité, tout en continuant à utiliser la monnaie du pays et ainsi soutenir plus les entreprises locales. La diversité monétaire ainsi créée contribuerait aussi à mettre en place une économie plus stable, moins dépendante des banques qui dirigent l’économie mondiale. Donc, la monnaie locale peut permettre de protéger les économies locales des crises économiques et de l’évasion fiscale.

Une démocratie plus participative

Une autre solution abordée serait la refonte de notre système démocratique. L’introduction du tirage au sort de gens qui auraient pour mission de jouer un certain rôle politique est mis de l’avant comme une alternative possible, car ces personnes s’investiraient sûrement autant que les jurés qui sont choisis au hasard, mais qui prennent toujours très au sérieux leur devoir, et empêcherait ainsi dans une certaine mesure l’institutionnalisation de la corruption. Un système politique combinant des élus et des gens tirés au sort pourrait représenter une alternative intéressante. Cela est démontré par les choix intelligents réalisés par des gens aux Texas suite à l’introduction de mesures de démocratie directe et d’un bon système d’information pour les conseiller. L’exemple d’une ville en Inde y est également présenté pour mettre en lumière le fait que le peuple peut avoir le pouvoir de changer les choses en politique, notamment en mettant en place un gouvernement qui fonctionne davantage sur le principe de la démocratie directe; dans ce pays c’est  ce qui contribua dans ce cas à améliorer considérablement les conditions de vie des gens par des assemblées populaires aux trois mois, et permit la mise en place d’un mode de vie égalitaire, malgré le système de castes hiérarchiques  existant.

L’éducation à la base

Puis, la dernière solution présentée, serait  un nouveau système d’éducation, un peu comme celui des pays scandinaves, dont la Finlande. Dans ce pays, le système éducatif ne mise pas sur des mesures disciplinaires et des classes nombreuses, mais sur la diversité des méthodes d’apprentissage, l’écoute et le fait que les professeurs soient proches de leurs élèves pour mieux leur enseigner. L’éducation est également gratuite jusqu’à 16 ans. Quoique  ce documentaire soit très enrichissant, ce dernier point sur l’éducation aurait pu être un peu plus développé.

 

En conclusion, ce documentaire  tend à montrer qu’un monde plus écologique, solidaire et égalitaire est possible. Par contre, il faut y œuvrer dès maintenant;  pour y arriver des moyens existent, tels une monnaie locale, une alternative qui se met justement en place à Québec ces temps-ci; des lieux qui permettraient aux citoyens d’acquérir un plus grand pouvoir politique; des initiatives comme celles promues par le mouvement des Villes en transition, ou celui des Incroyables comestibles, des mouvements qui fleurissent partout dans le monde et qui semblent aussi se développer à Québec au moyen d’organismes comme le Groupe de simplicité volontaire de Québec, l’Accorderie, le groupe des Incroyables Comestibles de Québec et Craque-Bitume. Je vous encourage à visionner ce film pour en apprendre davantage sur les alternatives proposées. Pour cela, vous pouvez soit aller au cinéma ou le regarder sur le web : https://www.demain-lefilm.com/

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