Les Constructions ensemble: un fleuron du mouvement populaire

Publié le 16 juin 2016
Paul-Yvon Blanchette Photo: Marc Boutin
Paul-Yvon Blanchette
Photo: Marc Boutin

Par Marc Boutin

Une des originalités du quartier Saint-Sauveur est d’héberger depuis 1995 une des deux seules coopératives de construction au Québec. La coopérative de travail Les Constructions Ensemble, aujourd’hui située rue Franklin, est née il y a trente ans à Limoilou. L’entreprise, fondé par le groupe de ressources techniques (GRT) Action-Habitation, avait au départ comme mandat de mieux contrôler les coûts de chantier des projets de coopératives d’habitation afin de garder au plus bas le prix des loyers.

Après avoir œuvré pendant un temps surtout avec des coopératives d’habitation, la coopérative de travail a offert ses services à tout le monde et est entrée de plein pied dans le monde très compétitif des entrepreneurs en construction.

Or une question se pose: quel avantage y a-t-il à faire affaire avec une coopérative de travail? Droit de Parole a interviewé Paul- Yvon Blanchette, membre fondateur des Constructions Ensemble. Selon Paul-Yvon, celui qui exécute les travaux sur le chantier est copropriétaire de l’entreprise pour laquelle il travaille et donc, en tant que membre, responsable des succès ou des insuccès de celle-ci. Les profits ne vont pas à un patron, mais bien au fonds consolidé d’une entreprise dont le but est d’abord de lui assurer, ainsi qu’aux autres membres de sa coop, un emploi durable. D’où l’importance pour l’exécutant de fournir un travail de qualité.

La coopérative respecte intégralement le décret de la construction. Les membres actifs sur les chantiers reçoivent donc un salaire qui équivaut à celui des compétiteurs avec lesquels ils soumissionnent. Un autre avantage de la coop est son impact sur la vie des quartiers comme Saint- Sauveur et les autres quartiers urbains du centre-ville. 95 % du travail des Constructions Ensemble s’est fait dans le domaine de la rénovation, le 5 % restant dans la construction neuve. C’est dire, pour la coop de travail, toute l’importance accordée au stock de logements existant pour le maintenir en bon état.

En rénovation, 40 % du budget va aux sous-traitants, 40 % à la main d’œuvre en menuiserie et le 20 % restant aux matériaux. Dans la construction neuve, 60 % du budget va aux sous-traitants, 15 % à la main d’œuvre en menuiserie et 25 % aux matériaux. Ces chiffres montrent toute l’importance de la main d’œuvre dans le domaine de la rénovation (40 % du budget versus 15 % pour le neuf ), la remise en état de tout bâtiment devant s’effectuer après 25 ans ou 30 ans d’utilisation.

Depuis sa fondation en 1986, la coop de travail Les Contructions Ensemble est devenue un modèle d’enracinement dans son milieu, le centre-ville de Québec. Elle a fait affaire avec 50 coopératives d’habitation et 35 centres de la petite enfance (CPE) et travaille avec des sous-traitants du quartier comme Courant Alternatif (coop en électricité), Hughes Savard maçonnerie, Couvreplanchers Labrecque, etc.

Le dernier membre-fondateur encore actif dans cette coop, Paul-Yvon Blanchette, va bientôt prendre sa retraite. Militant de plusieurs causes depuis 1970, il a fait partie du premier comité de rédaction de Droit de parole, fut permanent du Comité de citoyens de Saint-Sauveur et a travaillé au GRT Action-habitation. Paul-Yvon aimerait que dans l’avenir les femmes participent plus aux différents aspects de la construction et que d’autres coopératives spécialisées voient le jour, par exemple en tirage de joints, plomberie, céramique, peinture.

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