Le squat de la rue Raoul-Jobin évacué

Publié le 12 mai 2016

 

Au début du squat, hier, le 11 mai. Photo: Véronique Laflamme
Au début du squat, hier, le 11 mai.
Photo: Véronique Laflamme

Par Nathalie Côté

Le Squat du 485, rue Raoul-Jobin aura tenu 24 heures. Hier ( le 11 mai), une quinzaine de personnes s’installaient dans un petit immeuble laissé à l’abandon depuis plus de 5 ans dans le quartier Saint-Sauveur. Après y avoir piqueniqué sur place hier soir et passé une nuit sur les lieux, le groupe a reçu un avis d’expulsion en avant-midi aujourd’hui  (le 12 mai).

Le petit groupe d’hommes et de femmes a réussi à dormir sur les lieux tranquillement dans la nuit du 11 au 12 mai. Deux personnes restaient éveillées afin de surveiller les lieux, pendant que les autres dormaient, nous ont raconté des squatteuses remballant leur sac de couchage, peu avant l’expulsion.

Le groupe occupait les lieux pour revendiquer que le bâtiment soit converti en logements sociaux. Il y a plusieurs bâtiments dans un état d’abandon dans ce quartier du centre-ville, alors que de plus en plus de locataires ont de la difficulté à se loger et que les prix des loyers atteignent des prix record.

Ce squat a reçu l’appui des groupes membres du FRAPRU, du Comité des citoyens et des citoyennes du quartier Saint-Sauveur et du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste.

Une action réussie

Le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste fait déjà le bilan de cette action : «Les personnes qui ont participé à l’occupation ne voient pas l’éviction du squat comme une défaite. Au contraire, le maintien de l’occupation pendant 24h a montré que, même en 2016, des actions directes ambitieuses pour le droit au logement étaient encore possibles. De plus, l’expérience du squat et de la solidarité concrète des nombreuses personnes venues en soutien fut très enrichissante.»

Une donne imprévue : le nouveau propriétaire

Il y a  quelques jours à peine, le 6 mai dernier, un nouveau propriétaire faisait l’acquisition du bâtiment.  Le propriétaire, Cédric Bollet a été informé par son notaire que des gens occupaient les lieux;  ce sont les policiers de Québec qui l’ont contacté ce matin même. Le propriétaire est venu sur place et a lu l’avis d’expulsion aux occupants.

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Le propriétaire et le SPVQ discutant devant le 485, Raoul-Jobin. Photo : Vania Wright-Larin

Le service de la police de Québec est intervenu à 10h30  avec une douzaine d’autopatrouilles. Puisque les occupants n’ont pas résisté et ont quitté les lieux, et que le propriétaire n’a pas porté plainte pour méfait, il n’y a pas eu d’arrestation. Deux personnes, cependant, ont reçu des contraventions. Une personne responsable du camion qui servait à transporter le matériel et une autre personne présente sur les lieux.

Pendant l'expulsion du squat. Photo: Cheryl Ann Dagenais
Pendant l’expulsion du squat.
Photo: Cheryl Ann Dagenais
Des logements locatifs seront construits

Le nouveau propriétaire a un projet de construction de logements locatifs qu’il compte entamer dès cet été. «Ce sera du locatif c’est certain», nous a-t-il assuré. D’aucuns pourront se demander, cependant, à quel prix seront ces logements. Le problème d’accès à des logements à prix abordable reste entier.

Cette tentative éphémère de squat s’inscrit dans la semaine d’actions du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) au cours de laquelle des actions du genre sont organisées dans plusieurs villes du Québec pour demander aux gouvernements d’investir dans le logement social.

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