Victoire citoyenne spectaculaire cet été aux États-Unis No Boston olympics

Publié le 22 septembre 2015
Les citoyens de Boston ont dit non à un amphithéâtre olympique. Phot: courtoisie.
Les citoyens de Boston ont dit non à un amphithéâtre olympique.
Phot: courtoisie.

Par Marc Boutin

Notre presse inféodée en a peu parlé, comme c’est souvent le cas lorsque le peuple remporte une victoire contre les grosses machines privées et étatiques. Au début de l’année, le Comité olympique des États-Unis accorde à Boston la candidature américaine pour les jeux d’été de 2024. Boston, ville riche s’il en est une, voit son élite financière, sa communauté d’affaires et la mairie de la ville s’exciter. On tente d’euphoriser la population, des plans grandioses s’élaborent, un « amphithéâtre » ouvert et avant-gardiste remplacera tout un secteur anémique du centre-ville et un vélodrome sera construit au bord de la rivière Charles, sur un site enchanteur.

Mais le gâteau ne lève pas et en plus, il colle au fond du plat. Le Comité olympique avait sous-estimé la réaction citoyenne. Dès le départ de la campagne promotionnelle, de simples contribuables, des comités de citoyens et des volontaires regroupés par quartiers se consultent et se mobilisent pour former un nouveau groupe : No Boston Olympics.

Le groupe fait de la recherche, prend acte des bilans déficitaires des villes qui jusqu’à maintenant ont accueilli les jeux, constate que la facture retombe le plus souvent sur le dos du petit contribuable et que des sommes faramineuses sont dépensées au profit d’une quantité infime d’athlètes. No Boston Olympics commence sa propre campagne promotionnelle. Elle dérange tant et si bien que la Ville commande un sondage pour vérifier l’appui de la population. Le résultat: moins de 50 % de la population veut des jeux. Le Comité organisateur retire la candidature de Boston.

Depuis, c’est la fête dans la ville des fèves au lard. Les citoyens célèbrent l’esprit révolutionnaire et égalitaire de leur ville, ils se félicitent d’avoir trouvé de l’argent pour les écoles, les loisirs communautaires, le transport en commun, d’avoir détourné de l’argent du sport de haut niveau vers le sport de participation et d’avoir évité l’apparition d’une multitude d’éléphants blancs (vélodrome, stade disproportionné) au centre-ville. Youpi! Voilà une ville que Régis Labeaume aurait avantage à visiter au plus tôt.

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