Maison de la culture au Centre Durocher : encore un appui unanime

Publié le 19 juin 2015
Cent-dix personnes étaient présentes lors de l'assemblée de consultation sur une maison de la culture dans Saint-Sauveur. Photo: Ronald Lachapelle.
Cent-dix personnes étaient présentes lors de l’assemblée de consultation sur une maison de la culture dans Saint-Sauveur. Photo: Ronald Lachapelle.

Par Marc Boutin

Le 3 juin dernier, au centre Edouard- Lavergne de la rue Arago, cent dix personnes, le « tout-Saint-Sauveur » pourrait-on dire, assistent à une consultation populaire organisée par le Conseil de quartier sur un projet de maison de la culture dans le quartier Saint-Sauveur. Deux points sont à l’ordre du jour : le contenu (programmation) et l’endroit (implantation).

D’entrée de jeu, M. Nicol Tremblay, président du CA du Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur (CCCQSS), déclare que pendant ses 40 années d’expérience de militant, il n’a pas connu une telle mobilisation dans Saint-Sauveur : 150 artistes, 50 commerces et groupes populaires, la députée de Taschereau, une pétition de plus de 2 000 noms, sans compter les 110 personnes ici présentes. Tous unis pour sauver le Centre Durocher et pour y installer une maison de la Culture.

Au micro, les participants se succèdent pendant près de deux heures. Je remarque : Danielle Papillon, Monique Girard et Michael Parrish, qui œuvrent depuis le début au sein du comité pour la survie du Centre Durocher. Je retiens aussi la présence d’artistes et de poètes, dont Caroline Flibotte, Paul-Yvon Blanchette, Jean Coulombe. J’en passe… plusieurs jeunes du quartier que je vois pour la première fois.

Que veut-on dans la Maison de la culture ?

La liste est impressionnante : bibliothèque, médiathèque, services internet, théâtre de marionnettes, garderie coopérative, tables de ping-pong, café ouvert les fins de semaine, lieu de « répit grands-mamans et jeunes mamans », lieu pour la scène libre, cinéma répertoire, coin pour sortir les aînés de l’isolement, lieu de transmission des connaissances des jeunes vers les aînés et vice- versa, une cuisine en appui aux autres activités, un moulin à paroles sur « notre histoire », celle du quartier Saint-Sauveur, une histoire riche que peu de personnes connaissent, etc.

«Saint-Sauveur, c’est le triangle des Bermudes de la culture à Québec.» «L’accès à la culture est pourtant une des déterminants de la santé physique et mentale.» «Pour des cours de dessin et de musique, on doit monter au Centre Lucien-Borne.» Un artiste impatient nous lance, « Ça suffit, quand je veux participer ou faire quelque chose de culturel, je dois quitter mon quartier ». Pour d’autres, Saint-Sauveur étant multi-ethnique, il faudrait parler d’une « Maison des cultures » et non d’une « Maison de la culture ».

« On a un beau bâtiment, on peut-tu le garder ! »

Quant à l’emplacement de la maison de la culture, c’est l’unanimité. Le parc et l’édifice du Centre Durocher sont considérés indissociables, et la place publique qu’est devenu le parc serait peu compatible avec un édifice résidentiel. On parle d’un plan B à l’église Sacré-Cœur (qui est à vendre), mais le lieu serait trop excentrique.

L’ex conseiller Jacques Fiset : «Je suis fier de mon quartier. À Saint-Sauveur, on a un cœur, un centre de quartier très bien situé autour du parc et du Centre Durocher; ce cœur, il doit à tout prix rester où il est actuellement». Le romancier Alain Beaulieu rappelle que Saint-Sauveur est désormais un quartier « en lutte », que la bataille ne fait que commencer, qu’il ne faut pas lâcher : «Gros projet, donc gros combats en perspective».

Un mot sur les absents: aucun grand média sur place, sauf Droit de parole et Québec-Hebdo. Pourtant, Le Soleil a, le soir même, trois journalistes-chroniqueurs qui travaillent sur les consultations à Sillery. De plus, ceux qui privilégiaient le remplacement du Centre Durocher par du logement social sont soit muets, soit absents. L’absence la plus remarquée: Chantal Gilbert, la conseillère de Saint-Roch et Saint-Sauveur.

La soirée se termine sur ce constat de Danielle Adam : « ce que la Ville voit ailleurs comme de l’investissement, à Saint-Sauveur, elle appelle ça des dépenses ». C’est tout dire.

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