Saint-Jean-Baptiste : dynamitage de l'îlot Irving

Publié le 14 mai 2015

Chantier de l'îlot Irvingpar Hélène Matte
Le saviez-vous ? Du 28 janvier au 18 février 2015, l’Îlot Irving était creusé à coups d’explosions cinq jours par semaine, trois fois par jour. 

 

En tout cas, ni les personnes âgées résidantes du CHSLD de la rue Turnbull, ni les enfants de l’école primaire Saint-Jean-Baptiste n’étaient avertis. Ils ont dû être rassurés que la guerre n’était pas à leur porte. Peu de résidants étaient au courant, les entrepreneurs s’étant contentés d’avertir la veille ou le matin même, en s’adressant seulement aux voisins à cent mètres à la ronde et aux habitants des étages inférieurs, si ceux-ci étaient présents lors de leur passage, sans plus.

Habitants du Faubourg, suite à ces tremblements de terre répétés, vous êtes inquiets (outre pour vos nerfs) pour la structure de votre bâtiment ? Vous demandez qui est responsable des dommages? Les lois régissant le dynamitage sont d’ordre provincial. La Ville, qui a donné des permis d’explosions, n’est tenue, parait-il, ni d’informer ni d’assurer la protection des propriétés. Vérification faite, elle n’accepte même pas les plaintes, invitant à appeler la régie du bâtiment ou la police.

 

Pas d’information aux gens du quartier

Au conseil de quartier tenu le 10 février, il était impossible d’obtenir des renseignements sur l’ampleur et la durée des travaux. Parmi les citoyens présents, plusieurs avaient déjà des dégâts apparents sur leur propriété : nouvelles fissures, élargissement des craques, ouverture des joints au coin des fenêtres, etc. Une pétition, signée par plus d’une soixantaine d’individus, a été déposée au Conseil de quartier de mars ; celle-ci dénonçait le fait que les citoyens aient été mal avertis et n’aient pu par conséquent se préparer à protéger leurs droits. Elle remettait aussi en question le fait de dynamiter dans un lieu patrimonial. Exigeant l’arrêt du dynamitage, elle visait aussi à partager l’information et, ultimement, à éviter qu’une telle situation ne se reproduise. Car il appert que tous se lavent les mains des désagréments subis. L’entrepreneur Dynamitage 1ière classe (D1C) est lui-même catégorique : il suit la réglementation et n’excède pas les mesures de vibrations admises. Or il n’est pas possible d’accéder au calcul de ces mesures fait par l’entrepreneur lui-même. J’en ai fait la demande et me suis fait dire : 1) On n’a pas le temps de les transmettre ; 2) « Si nous devons aller en cours, je ne veux pas vous aider à monter un dossier » ; 3) Le dynamitage coûte tellement cher qu’il est supposé qu’il soit bien fait ; et finalement 4) de toute manière, « les fissures dont vous nous faites part semblent être de type superficiel. Ce genre de fissures est très fréquent dans le Vieux-Québec étant donné l’âge des immeubles ». C’est ce qu’expliquaient les « passionnés » responsables de la jeune entreprise fondée en 2013 et dont les expertises semblent plus propices aux chantiers du Nord du Québec qu’au centre-ville de la Capitale, quoiqu’en dise leur discours promotionnel (www.D1C.ca, consulté le 7 février 2015).

Recours possibles ?

Le 30 mars, une consultation publique avait lieu concernant l’ajout d’un étage de stationnement dans le projet résidentiel de l’Îlot Irving. Le soulagement de savoir que de nouveaux dynamitages n’étaient pas nécessaires a vite laissé place à la colère de constater que c’était parce qu’ils avaient déjà été faits. C’est-à-dire qu’il y avait une consultation au sujet de travaux en majeure partie réalisés. On nous mettait devant le fait accompli. Et maintenant, des dizaines de citoyens vivent avec de nouvelles fissures sans avoir la certitude que la structure de leur bâtiment n’a pas subi des conséquences visibles à plus long terme. Il y a peu de recours possibles. Faire la liste des dommages ainsi que des personnes concernées est une première chose à faire. Si c’est votre cas, je vous invite à écrire à cette adresse boumcrac@hotmail.com pour laisser votre témoignage.

 

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