Le pétrole et la nouvelle servitude

Publié le 15 mai 2015
Le pétrole et la nouvelle servitude, par Andrew Nikiforuk
Le pétrole et la nouvelle servitude, par Andrew Nikiforuk

S’il a jadis fallu l’énergie des esclaves pour labourer la terre, vêtir les empereurs et construire les villes, celle-ci a été remplacée par les énergies fossiles et le moteur à combustion. Les succès du mouvement abolitionniste au XIXe siècle sont d’ailleurs en partie attribuables à deux formidables alliés invisibles : ces « esclaves inanimés » que sont le charbon et le pétrole.
Mais si naguère il n’y avait que les maîtres qui dépendaient de leurs esclaves, nos sociétés dépendent aujourd’hui plus que jamais de l’or noir. Pour Andrew Nikiforuk, nous sommes en ce sens entrés dans une nouvelle ère de servitude dont il est urgent de se libérer. Nos modes de vie extravagants reposent sur l’accès à une énergie abordable, alors que nos « carburants esclaves » se raréfient et deviennent ainsi de plus en plus dispendieux, sans parler de l’impact écologique qui résulte de leur exploitation intensive. D’une certaine manière, nous agissons comme les propriétaires d’esclaves d’autrefois dans notre manière d’utiliser l’énergie, les ressources. Qu’adviendra-t-il lorsque celles-ci s’épuiseront ? Selon l’auteur, nous avons besoin d’un mouvement radical d’émancipation qui sache relever notre défi commun le plus pressant : apprendre à utiliser l’énergie et les ressources dans les limites de la planète et à une échelle véritablement humaine.
Dressant des parallèles avec certaines civilisations qui ont bâti leur puissance sur l’esclavage à travers l’histoire, Nikiforuk appelle à revoir notre rapport à l’énergie. Montrant que nous n’avons toujours pas appris à utiliser intelligemment celle que nous générons – que ce soit par des muscles humains, des turbines actionnées à la vapeur ou des particules d’atomes –, Nikiforuk nous invite à opérer une véritable révolution conceptuelle.
NIKIFORUK, Andrew (2015) L’énergie des esclaves, Le pétrole et la nouvelle servitude, Montréal, éditions Écosociété, 280 pages.

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