Les terres des Soeurs de la Charité : Conservons la vocation agricole !

Publié le 13 mars 2015
Terres des Sœurs de la Charité à Québec.

Par Jolyane Bouchard

Le mouvement pour la sauvegarde des terres des Soeurs de la Charité de Québec arrive à un moment où l’humanité offre une voix à la terre. « Il est important d’avoir des systèmes alimentaires durables pour mener une vie saine. Et bien, cela dépend avant tout des sols. Nous avons besoin de sols en bonne santé pour atteindre nos objectifs de sécurité alimentaire et de nutrition, lutter contre les effets du changement climatique, et garantir un développement général durable. » Voici les mots de M. José Graziano da Silva, directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, pour présenter 2015 comme l’Année internationale des sols.

Une histoire de régénération…

Le sol est un micromonde à notre service, abritant un quart de la biodiversité terrestre. Notre défi est d’utiliser les connaissances de la vie du sol pour mieux nous nourrir, et en ce sens les écoles se multiplient! Par exemple, dans la région, les formatrices en permaculture Meghan Kelly, de Craque-bitume, et Kate Alvo, enseignent aux agricultrices, agriculteurs et jardinièrEs à régénérer et protéger la toile alimentaire du sol, afin d’augmenter la quantité et la qualité des récoltes.

…et d’accessibilité

Nous apprenions dans un article paru en janvier dans Le Soleil, que 378 citoyenNEs figurent sur une des listes d’attente des 12 jardins communautaires municipaux. La volonté citoyenne semble au rendez-vous. Les éluEs au municipal ont à bien cibler les projets, et à être conscientEs que la vraie richesse est celle sous nos pieds, qui répond à un besoin vital : s’alimenter. À titre illustratif, un jardin collectif comme celui des Ateliers à la terre du centre Jacques- Cartier produit l’équivalent d’environ 15 000 $ de denrées par été, sur un lot de 16 000 pieds carrés.

Selon Guillaume Simard, coordonnateur de ces Ateliers à la terre, « on parle d’accès à une saine alimentation à faible coût ». En ce sens, l’organisation québécoise Vivre en ville vient de publier un tout nouvel ouvrage, Villes nourricières – Mettre l’alimentation au coeur des collectivités pour outiller éluEs et citoyenNEs.

Des condos philanthropiques ?!

« Il faut rendre à la société ce qui nous a permis de devenir ce que nous sommes », disait M. Jules Dallaire. Aujourd’hui, un projet immobilier à « caractère philanthropique » propose de développer 6 500 nouveaux logements au détriment de 206 hectares de terres nourricières. Est-ce réellement ce dont la ville de Québec a besoin pour créer un environnement urbain viable ?

Les ressources nourricières du Québec et les métiers agricoles sont à protéger. Dans un article paru dans Le Soleil en février 2013, Michel Morisset, professeur à la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation à Université Laval, nous informe que les QuébécoiSEs sont passéEs d’une société autosuffisante à une société produisant seulement 55 % de son alimentation. De plus, selon Alexandre Turgeon, urbaniste et directeur du Conseil régional de l’environnement- Capitale nationale, «nous n’avons pas besoin de détruire les terres agricoles des Sœurs de la Charité pour répondre aux besoins de 38 000 nouveaux logements d’ici à 2031.

Dans les secteurs d’urbanisation déjà prévus, dans un rayon de 400 à 500 mètres autour du réseau de transport en commun à haut niveau de services, les espaces sont déjà disponibles pour ajouter plus de 50 000 unités d’habitation et créer des environnements urbains plus intéressants, tout en diminuant les îlots de chaleur par le verdissement ».

Les terres des Sœurs de la Charité sont un bien historique patrimonial collectif, une ressource de valeur ad vitam aeternam pour répondre au besoin de la communauté. Cette dernière a à être consultée et à se mobiliser pour développer et protéger ce potentiel nourricier et écologique.

Si le dossier vous intéresse, signez la pétition mise en ligne par l’UPA–Capitale-Nationale– CôteNord : petitions24.net

Vous avez envie de vous impliquer un peu plus ? Manifestez- vous auprès des AmiEs de la Terre de Québec — agriculture@atquebec.org — 418 524-2744 et soyez à l’affût des actions citoyennes qui seront proposées dans les prochaines semaines et les prochains mois !

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