Québec, ghetto de riches?

Publié le 11 octobre 2013

Par Nicolas Phébus

À qui la ville? Certainement pas aux locataires en tout cas. Partout où l’on regarde, on dirait qu’il ne se construit que des condos. Si la ville se développe, c’est d’abord pour les propriétaires.

Quand les groupes populaires réussissent à arracher un peu de logement social, c’est présenté comme une grande victoire. Ainsi, à l’éco-quartier de la Pointe-aux-lièvres, dans Saint-Roch, il y aura 25 % de logements sociaux dans la phase 1. Génial! On oublie par contre de dire que, dans les quartiers centraux, les locataires sont majoritaires aux deux-tiers et que, même avec son 37 % de logements sociaux, Saint-Roch peine à freiner la gentrification. Un quart de logements sociaux c’est chouette, mais faudrait pas oublier que ça veut aussi dire trois quart de condos.

Officiellement, l’administration Labeaume n’est pas contre les locataires et le logement social. Effectivement, il s’en construit même plus que durant les années L’Allier. Toutefois, le maire se refuse à toute politique le moindrement contraignante pour améliorer le sort des locataires.

Du côté de Démocratie Québec, ce n’est guère mieux. Le programme du parti consacre deux paragraphes aux questions du logement. L’opposition y étale son ignorance et son mépris. On met ainsi en garde contre la création de ghettos d’habitation et on revendique un critère de qualité architecturale, sans réaliser que ce qui se construit surtout de nos jours se sont d’horribles ghettos de riches ! La population de la ville est composée à moitié de locataires. Il n’y a pas de honte à revendiquer que la ville nous ressemble et roule pour nous aussi. Par contre, pour ce faire, faudra pas trop compter sur les politiciennes et les politiciens ! Texte extrait de La Commune de Québec, bulletin du Collectif Subvercité, automne 2013.

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