Place Jacques-Cartier, place publique

Publié le 21 décembre 2012

place-jc-st-rochPar Nathalie Côté

La Place Jacques-Cartier et la Bibliothèque Gabrielle-Roy sont au cœur des transformations que veut faire l’équipe Labeaume dans son PPU (Programme particulier d’urbanisme).  La Ville veut y permettre la construction d’un immeuble de 16 étages avec espaces commerciaux et condos.

Dans le quartier Saint-Roch, des citoyens se sont réunis pour faire la critique de ce projet*.  Ils ont reçu l’appui du Comité des citoyens et des citoyennes de Saint-Sauveur et de plusieurs résidants du centre-ville.

Que demande le Comité  citoyen de Saint-Roch ?

1. Le Comité demande que la construction d’immeubles en hauteur soit évitée (max. 8 étages). Pour éviter la création de couloirs de vent et d’ombre que produisent les gratte-ciels.

2. Les citoyens demandent que les espaces verts du quartier soient maintenus et que les politiques de la Ville favorisent la création et le maintien de nouvelles zones végétalisées.

3. Selon eux, la réduction de l’utilisation de la voiture doit être un objectif du PPU au profit du transport actif, marche et vélo, et du transport en commun.

4. Le Comité des citoyens propose de préserver dans son intégrité la vocation publique de la Place Jacques-Cartier.

5. Le Comité demande que la Bibliothèque Gabrielle-Roy soit revalorisée et que son rôle social, communautaire et culturelle soit renforcé.

La disparition d’un autre espace public ?

Le développement de Saint-Roch, tel qu’entend le faire l’administration Labeaume, va probablement faire fuir les flâneurs, les rassemblements improvisés ou organisés (qu’on pense à l’École de la rue du RÉPAC 03-12** et autres soupes populaires qui s’y tiennent chaque année). Mais davantage, planter un immeuble au centre de la Place Jacques-Cartier, c’est aussi, plus ou moins consciemment pour le pouvoir en place, une tentative de contrôler un peu plus l’effervescence politique et les pulsions du peuple…

Un après l’autre les espaces publics s’institutionnalisent et se privatisent. Après la Place d’Youville et le Vieux-Québec vidés de sa bohème, l’Îlot Fleurie, jadis jardin communautaire devenu un parc bien propre et sa seconde version sise sous l’autoroute Dufferin, maintenant commercialisée par le Cirque du Soleil, assisterons-nous, avec cette éventuelle privatisation, à la disparition d’un des dernier espace public du centre-ville?

Une proposition du collectif l’(A)telier…

Mais cela pourrait se passer autrement, comme le propose le Collectif l’(A)telier (oui, ce sont eux les anarchistes qui font si peur au maire!).  Dans le texte Pour le droit à la ville, on peut lire :

« Contre l’appropriation de nos quartiers par des intérêts privés, les libertaires font cette proposition révolutionnaire : ceux et celles qui habitent un quartier doivent pouvoir décider de son devenir, en choisissant leurs projets et leurs objectifs en assemblée selon leurs propres besoins. Les citoyennes et les citoyens s’autogèrent au sein d’un conseil de quartier décisionnel, chacun étant relié aux autres dans une fédération : la municipalité.»

Utopique ? Y songer est déjà mieux que laisser l’arrogance de l’administration municipale actuelle suivre son cours. Souhaitons-nous un peu plus de démocratie pour la prochaine année !

 

* Comité citoyen de Saint-Roch

** RÉPAC 03-12 : Regroupement d’éducation populaire en action communautaire de Québec et Chaudière- Appalaches.

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