Lettres d’opinion : droit au logement et droit à la mobilité

Publié le 21 décembre 2012

Lettres d’opinion :

  • Plus de logements sociaux pour contrer l’itinérance – Frédéric Keck et Aline Essombe, du Regroupement pour l’Aide aux Itinérants et Itinérantes de Québec (RAIIQ).
  • Un traîneau pour Noël – Monique Toutant, Québec

lettrePlus de logements sociaux pour contrer l’itinérance

Dans le cadre d’une commission sur le droit au logement organisée par le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), et qui était de passage à Québec le 5 novembre dernier, le Regroupement pour l’Aide aux Itinérants et Itinérantes de Québec (RAIIQ) a dressé le portrait de la situation telle qu’elle est vécue par la population désaffiliée et à faible revenu.  Grâce aux témoignages apportés par ses 36 organismes membres, le RAIIQ a présenté un mémoire devant cette commission, non seulement pour démontrer à quel point il est difficile pour les citoyens et citoyennes à faibles revenus de trouver et conserver un logis adéquat, mais aussi pour proposer des pistes de solutions.

La hausse des prix du loyer rend les logements inaccessibles, tandis que le taux d’inoccupation est de moins de 1 % à Québec, et ce depuis plusieurs années. Cette pénurie pousse les propriétaires à être plus sélectifs, et dans certains cas à abuser de leur pouvoir en encaissant des chèques d’aide sociale en plus d’une « prime », ou en expulsant sans raison valable leurs locataires, trop démunis pour faire ensuite valoir leurs droits. Tel que le RAIIQ l’a rapporté lors de la commission populaire du FRAPRU, la stabilité résidentielle est particulièrement importante. Avoir un logis est la condition sine qua non de l’accès aux ressources de base qui permettront aux citoyens et citoyennes de Québec de jouir pleinement de leurs droits sociaux.

Les personnes à faibles revenus en attente

Le budget présenté le 20 novembre dernier par le ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau, prévoit une somme de 231 millions de dollars pour construire 3000 nouveaux logements sociaux au Québec. Rien de précis à ce jour pour une Politique en itinérance, pourtant annoncée dans le discours inaugural.

Le Regroupement, ainsi que ses partenaires du Réseau SOLIDARITÉ Itinérance, rappellent que la politique en itinérance tel que revendiquée depuis 2006 et promise cette année lors du discours d’allocution de la Première ministre Pauline Marois, prévoit de construire ou convertir chaque année 8000 unités sous la forme d’habitations à loyer modique (HLM), de coopératives et d’OSBL d’habitation, incluant des logements permanents et des logements de transition.  Le gouvernement annonce pourtant dans son budget 2013-2014, la construction de seulement 3000 nouveaux logements, des constructions échelonnées souvent, dans les faits, sur plusieurs années.  Il semblerait également, tel que mentionné dans le budget, que la Province compte sur cette initiative pour accroître l’accessibilité à un logement décent et abordable, ce qui reste très en deçà des attentes en la matière.  En attendant, les personnes désaffiliées ou à risque d’itinérance ont toujours beaucoup de difficulté à se loger dans des milieux adéquats, et peu de solutions leur seront offertes avant au moins 4 ans.

Afin de parvenir à réduire le nombre de personnes en situation d’itinérance où à risque de l’être, le RAIIQ réitère sa volonté de travailler avec le gouvernement et tous les partenaires impliqués dans ce processus. Il est d’autant plus important de travailler de concert, afin de ne pas s’éloigner des besoins réels de la population, et d’offrir aux citoyens et citoyennes, l’opportunité de vivre pleinement dans une société plus juste, et plus équitable.

– Frédéric Keck et Aline Essombe, Regroupement pour l’Aide aux Itinérants et Itinérantes de Québec (RAIIQ).

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Un traîneau pour Noëllettre

À tous les mois de décembre, la Guignolée de médias sensibilise la population aux enjeux de la pauvreté et aux conditions de vie des gens aux prises avec la précarité alimentaire. J’aimerais profiter de l’occasion pour vous dire à quel point je suis inquiète de la hausse du coût de la vie.  À tous les points de vue, nourriture, loyer, vêtements : tout ne fait qu’augmenter. Et n’oublions pas les tarifs du transport en commun qui grimpent à chaque année.  En ce moment, il m’en coûte 76,75$ par mois pour me déplacer dans la ville. Comment une personne en situation de pauvreté peut-elle y arriver ?  Pour une personne à l’aide sociale, cela représente 8 % de son budget, si elle est considérée sans contrainte et, 13 % si elle est réputée ayant des contraintes sévères à l’emploi. Comment peut-elle se déplacer adéquatement pour se rendre à une entrevue, à un rendez-vous chez le médecin ou simplement aller voir sa famille ?

Le transport en commun est essentiel pour toute personne, riche ou pauvre.  Ne devrait-il pas être plus abordable afin que les personnes en situation de pauvreté puissent elles aussi se déplacer et mieux vivre ?  Toute personne ne devrait-elle pas y avoir accès sans avoir à se soucier du prix ?  J’aimerais que les autorités compétentes se penchent sur ce problème et trouvent le moyen pour que chacun, chacune, puisse se déplacer en toute quiétude.  Je vous rappelle qu’il existe des tarifs pour les étudiants et les personnes âgées, alors pourquoi pas pour les personnes en situation de pauvreté ?  À la veille de la période des Fêtes, je souhaite que le transport devienne solidaire et accessible à tous et à toutes.

– Monique Toutant, Québec

 

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